Aujourd’hui, elle pilote avec une conviction forte : le rôle du manager est avant tout de donner du sens et de créer du collectif.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Isabelle Leclerc, j’ai 54 ans et je travaille chez EFICIUM depuis un an en tant que Directrice du Développement. J’ai un parcours de plus de 25 ans dans les services aux entreprises, principalement dans des fonctions commerciales. J’ai évolué dans des univers variés comme la propreté, la sécurité, l’accueil ou encore le bien-être en entreprise. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir une vision globale de ces métiers, que j’ai exercés à différents niveaux.
Qu’est-ce qui, selon vous, a radicalement changé ces dernières années dans le management ?
Je pense que ce qui a le plus changé, c’est la communication. Aujourd’hui, les équipes ont besoin de comprendre pourquoi elles font les choses. On ne peut plus simplement demander d’exécuter, il faut donner du sens.
Je constate aussi que les équipes sont beaucoup plus hétérogènes qu’avant. On ne manage pas de la même manière une personne de 25 ans et une personne de 50 ans. Pourtant, le management a parfois tendance à s’uniformiser.
Pour moi, le vrai enjeu, c’est d’être capable de s’adapter à chacun, tout en gardant une direction commune.
Comment avez-vous réussi à gérer ces changements ?
J’ai mis en place des rituels simples mais essentiels. Les réunions collectives sont importantes, mais elles ne suffisent pas.
J’organise des points individuels chaque semaine, d’une quinzaine de minutes. Ce sont des moments courts, mais très précieux. On ne parle pas uniquement d’objectifs, on parle aussi du ressenti, des difficultés, de la façon dont la personne vit son travail et ses interactions avec les autres.
Je prends aussi le temps de créer des moments informels, parce que je suis convaincue qu’une équipe ne peut pas fonctionner si les gens ne se connaissent pas et ne se comprennent pas.
Manager, pour moi, c’est avant tout créer du lien.
Quels sont, selon vous, les conseils pour une femme qui prendra un poste comme le vôtre cette année ?
Je pourrais en donner trois… mais en réalité, il y en a quatre qui me semblent essentiels.
Mettre l’humain au centre
Je pense que c’est la base. On ne manage pas des chiffres, on manage des personnes. Si on ne prend pas en compte leurs attentes, leurs difficultés, leurs modes de fonctionnement, on ne peut pas créer d’engagement durable.
Prendre le temps de la réflexion
On a souvent tendance à vouloir aller vite, mais je pense qu’il est essentiel de prendre du recul avant de décider. Nos décisions ont un impact direct sur les équipes. Il faut analyser, comprendre et ne pas réagir à chaud.
Être loyale et transparente
Dire les choses, même quand elles ne sont pas agréables à entendre. Pour moi, c’est indispensable pour créer une relation de confiance. Le non-dit fragilise, alors que la transparence sécurise.
Être exemplaire
C’est fondamental. On ne peut pas demander à ses équipes ce qu’on n’est pas capable de faire soi-même. La légitimité d’un manager ne vient pas de son titre, mais de son comportement au quotidien.
De quoi parle-t-on trop peu sur LinkedIn selon vous ?
Je trouve que ce réseau manque d’authenticité. On parle beaucoup des réussites, beaucoup moins des difficultés.
Pourtant, ce qui est intéressant, c’est de comprendre comment les personnes ont surmonté les obstacles. C’est ça qui est utile.
Je pense aussi qu’il manque des contenus plus concrets, plus opérationnels. On est beaucoup dans le concept, mais pas assez dans les outils et les méthodes que l’on peut réellement utiliser au quotidien.
Le Mot de la fin
« Le manager tire les wagons. »
C’est une image qui me parle beaucoup. Pour moi, un manager doit être moteur. Il doit impulser une dynamique, donner de l’énergie et embarquer les équipes avec lui.
Cela passe par l’attitude, par l’exemplarité, par la capacité à rester positif même dans les moments plus complexes. Les équipes ressentent immédiatement l’énergie de leur manager. Si vous n’êtes pas engagé, si vous n’êtes pas moteur, il est très difficile de créer une dynamique collective.
Bien sûr, cela demande de l’énergie et ce n’est pas toujours simple. Mais je suis convaincue que le rôle du manager, c’est justement d’être ce point d’appui, celui qui maintient le cap et qui donne envie d’avancer, même quand le contexte est exigeant.
Ce que je retiens de notre échange
Isabelle incarne un management à la fois structuré, exigeant et profondément humain. Elle rappelle que la performance ne repose pas uniquement sur des objectifs, mais sur la capacité à donner du sens, à créer du lien et à poser un cadre clair.
Elle défend aussi que sans communication claire, sans compréhension des rôles et sans collectif, l’énergie se disperse et la performance s’érode.
Son message : manager, ce n’est pas seulement piloter, c’est aligner, structurer et embarquer.
Et je suis 100% alignée.
